Facebook : faut-il exposer l’intimité de ses enfants ?

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Je me baladais sur le fameux réseau social ce soir, quand à mon grand ébahissement je suis tombée sur ce statut :

« Mimi a fait son premier caca sur le pot ce soir ! Victoire ! Je ne pensais pas qu’une crotte pouvait rendre aussi heureuse lol »

Incrédulité. Non, mon amie n’a pas pu écrire ça. Je sais que ça rend différent d’être parent, mais tout de même. On en arrive au stade de parler caca en public ? Parce qu’un statut facebook, ce n’est pas une confidence à deux-trois copines. Un statut facebook, c’est plutôt de l’ordre du « Je prends mon porte-voix et je bats le rappel de mes contacts ».

Je trouvais déjà déroutantes les vidéos de cet enfant qui fait ses premier pas, qui avale son premier repas tout seul, qui se passe la brosse dans les cheveux maladroitement pour la première fois. Les premières fois ! Je croyais que c’était un bonheur pour les parents, un sentiment de fierté de voir son bambin prendre son autonomie pas à pas. Mais il semble que toutes ces étapes dans la vie de l’enfant déclenchent surtout des envies de l’afficher en public chez les parents. On ne jouit plus de voir son enfant évoluer, mais on prend plaisir à étaler ses progrès à la face de son cercle de connaissances plus ou moins intimes. Aïe. Il est où le bonheur en fait ?

Je n’avais qu’un mot en tête : indécence. Indécence parce que ces moments forts de la vie de famille devraient être vécus au sein de la sphère privée pour ce qu’il sont, et non pas étalés à tout bout de champ pour… Pour quoi d’ailleurs ? Pour se faire mousser ? Parce qu’on confond fierté d’être parent et déballage intime ?

Et est-ce que ces parents, tout à leur mise en vitrine de leur petite vie de famille, pensent un instant à ce qu’en penseraient leurs enfants ? Ou à ce qu’ils en penseront plus tard ? Est-ce qu’on peut avoir vraiment envie que son premier caca dans le pot ou son premier mot soit jeté en pâture à l’intention des uns et des autres sur un espace semi-public ?

Je ne sais pas où ces parents ont la tête. On s’étale déjà beaucoup trop sur les réseaux sociaux et sur internet sans prendre garde aux conséquences que cela pourrait avoir. Alors de la même manière qu’on protège ses enfants in real life, ne pourrissons pas leur identité numérique avant même qu’ils ne soient en âge de la prendre en main.

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